Présentation du Secours Populaire FrançaisProjet précédentProjet suivantDernier projet

Programme Adduction en Eau potable (aep) du SPF au Tringa

La situation de l'alimentation en eau était précaire au Tringa. En appui aux besoins des villageois, les migrants, les associations et les autres partenairees se sont tournés, après avoir mobilisé de fortes sommes d'argent pour l'entretien et la maintenance des pompes manuelles réalisées par eux ou par les programmes de l'État, vers la construction de puits à grand diamètre pour assurer correctement et de façon pérenne l'alimentation en eau de la population. Ainsi, plusieurs puits à grand diamètre ceinturant le village et plusieurs puits privés ont été réalisés.

Photographie d'un puit

© Van Den Baviere Rodolphe - 2003

L'idée d'une AEP a commencé à germer dans l'esprit des populations et des migrants quand ils se sont rendus compte que les puits n'avaient pas résolu le problème d'approvisionnement en eau (profondeur, tarissement en saison sèche).

A l'instar des autres villages Soninké des alentours, les migrants de la Commune de Tringa Marena et les populations locales se sont mobilisés pour réaliser des AEP.

L'association "Marena Kaffo" au niveau local et en France s'est mobilisée pour formaliser cette idée de projet et rechercher le financement nécessaire, ainsi que l'AMSCID.

L'État malien a réalisé le forage qui a été équipé pour alimenter le château. La Direction nationale de l'Hydraulique a aussi réalisé les études techniques pour le dimensionnement du système d'AEP. Le coût total des investissements s'élève à 215 millions de Francs CFA. Les choix budgétaires prennent également en compte des mesures d'accompagnement sociales.

Interventions des Adduction en Eau Potable (aep)

Le système d'adduction d'eau est basé sur le principe du "Refoulement et Distribution Séparés". Basé sur des études hydrographiques et sociologiques, cette solution devrait répondre aux besoins de la population pour au moins les 20 années à venir.

Le système d'adduction est constitué des éléments suivants :

- forage à puits profond (40m),

- station de pompage (moteur solaire),

- réservoir (château d'eau en béton armé),

- réseau de distribution (tuyau PVC),

- bornes fontaines (publiques) et branchements particuliers.

Créé en 1999, le GIE "Groupement d'Intérêts Economiques" assistance aux adductions d'eau potable intervient au Tringa depuis 2000 dans le cadre des mesures d'accompagnement.

Il a ainsi réalisé deux missions :

1) La première mission a porté sur une campagne d'information et de sensibilisation de la population, la structuration, l'organisation et la mise en place des organes de gestion et de contrôle.

Cette campagne a couvert tout le village et toutes les couches sociales : femmes, jeunes filles, hommes, jeunes gens. Des rencontres et collectes de données auprès des services techniques (école, dispensaire, maternité), et des personnes-ressources, ainsi que l'observation des pratiques liées à la manipulation de l'eau ont été effectuées. L'objectif de ces rencontres est de donner un contenu à la stratégie de sensibilisation sur l'hygiène de l'eau.

Les délégués des groupements d'usagers « les robinetons » ont été élus par les familles gravitant autour de la même borne-fontaine. Au total, 32 délégués dont 14 hommes et 18 femmes ont été élus par les 16 groupements d'usagers.

Le Bureau d'adduction d'eau sommaire (BAES), organe de gestion de l'AEP, a été élu lors d'une Assemblée générale par les 32 délégués sous la présidence du chef de village, président d'honneur de l'association. Un comité de surveillance chargé de veiller à la bonne gestion de l'AEP a également été mis en place par les délégués. Il est composé de trois membres.

Le BAES a été élu avec un programme minimum d'actions (recentrage des délégués élus au BAES, élection des fontainiers par les groupements d'usagers en lien avec les délégués). Il comprend dix hommes et quatre femmes.

Des porteurs d'actions pour les campagnes de mobilisation sociale ont été identifiés (femmes et hommes leaders, gens de caste, etc.). Ils ont planifié en concertation avec les groupes de jeunes filles et jeunes garçons (identifiés) l'organisation mensuelle d'une journée sur la salubrité, autour des places publiques du village. Cette activité fera d'eux des interlocuteurs efficaces pour discuter hygiène et assainissement avec les usagers.

2) La deuxième mission a porté sur la mise en place d'un système organisationnel qui favorise l'appropriation du système par les usagers. Les activités à mener de front au cours de cette deuxième mission étaient relatives à la fixation du prix de l'eau, la validation du choix des agents techniques, la finalisation institutionnelle, la formation des fontainiers.

Le prix de l'eau à Tringa a été fixé sur la base d'un calcul théorique croisé avec les expériences des neuf centres AEP de la première région, financés par la République Fédérale d’Allemagne. Sur des bases réelles (salaires, charges de fonctionnement, entretien, ristourne des fontainiers), en concertation avec les membres du bureau et du comité de surveillance, les agents de gestion et personnes ressources, le prix théorique de l'eau a été revu et corrigé sur le terrain.

Il a été fixé à 500 Francs CFA/m3. Ce prix a été adopté en Assemblée générale des délégués élargie au conseil de village, représentants des migrants, leaders, femmes, etc. Le choix du personnel technique de gestion (plombier, gestionnaire, mécanicien), préalablement fait par les migrants, devrait être validé.

L'objectif de ce travail est de vérifier la pertinence de ce choix par rapport au niveau, à la disponibilité, à la compétence et à la rémunération du personnel choisi.

La finalisation institutionnelle, dont l'objectif est l'obtention du récépissé, était de faire signer les statuts et le règlement intérieur initialement adoptés par l'assemblée générale constitutive de l'Association Universitaire pour l'Environnement (AUE). Ces documents ont été déposés auprès de l'administration à Yélimané pour effectuer l'ouverture du compte bancaire de l'AUE.

Chaque groupement d'usagers a mis en place un fontainier. Les fontainiers désignés, en majorité des femmes, ont été initiés au système de vente de l'eau, la manipulation de l'eau, le tarage des récipients, l'hygiène et l'assainissement autour du point d'eau. Avant la mise en service, un contrat sera élaboré et signé entre les fontainiers et le BAES.

réalisation du projet d’adduction en eau potable de Tringa marena

Le SPF, en partenariat avec l'AMSCID, l’association des ressortissants de Marena et l’association de ressortissant « Marena Kaffo », a réalisé un réseau d’adduction d’eau potable dans la commune de Marena Tringa. Les travaux se sont déroulés dans de bonnes conditions.

Tout d'abord avec la construction d’un bâtiment d’exploitation, une station de pompage qui alimentera le château d'eau et le réseau de distribution qui fonctionnera à l'aide de l'énergie solaire (avec un groupe électrogène comme source d'énergie secondaire). Les panneaux solaires ont déjà été installés comme le montre l'image ci-dessus.
© www.dialaka.org

Ensuite, avec la réalisation de châteaux d’eau.

© www.dialaka.org
Puis d’un réseau de distribution avec la participation de la population locale pour les travaux de canalisation afin de permettre aux villageois d'avoir accès à l'eau courante et éviter les "corvées d'eau " principalement supportées par les femmes du village...
© www.dialaka.org

Enfin, avec la mise en place d’un organe de gestion et formation des acteurs locaux pour la gestion des ouvrages. Ce projet est une réussite avec l'amélioration des conditions de vie de l’ensemble des habitants et principalement celles des femmes.

Tableau récapitulatif du système hydraulique de Tringa marena

Villages Forage PM     AEP     Total Population  
  Nbre coef Valeur Nbre coef Valeur Nbre coef Valeur     Taux
                         
Diakoné 1 400 400 18 200 3600 0 400 0 4000 2518 159%
Dialaka 2 400 800 18 200 3600 1 400 400 4800 4077 118%
Lambatara 2 400 800 10 200 2000 1 400 0 2800 3518 118%
Maréna 2 400 800 17 200 3400 18 400 7200 11400 3112 366%
© Enquête CIDS dans les villages. Juin 2009