La population de la commune de Tringa est estimée à 13.225 habitants au dernier recensement , avec une majorité de jeunes, composés essentiellement de Soninkés pratiquant l'agriculture et l'élevage sédentaire. On y rencontre aussi des Peulhs. A ceux-ci s'ajoutent quelques Bambaras venus d'autres contrées. Les ethnies présentes sont donc les Sarakollés, les Peuls, les Bombara et les Touareg. La langue la plus parlée est le Sarakolé et l'islam est la religion dominante.

1. LES ETHNIES

Il existe 4 types d'ethnies au Tringa : les Sarakollés, les Peuls, les Touaregs et les Bambaras.

1.1. LES SARAKOLLéS

Les Saracollés ou Soninkés, connus également sous le nom de Marka, sont d'extraordinaires voyageurs. Ils constituaient naguère cette corporation de colporteurs traditionnels, qui, avec celle des dioulas, sillonnaient tout l'Ouest africain.
Intrépides commerçants en même temps que vaillants guerriers, ils allaient de pays en pays, de villages en villages, à la recherche du profit, même dans les régions où régnait l'insécurité. De nos jours, utilisant les moyens de transports modernes, ils n'en continuent que mieux à poursuivre leurs pérégrinations à travers le monde.

Une fois riches, ils finissent, dans leur majorité, par revenir au pays où, au soir de leur vie, ils aiment raconter à l'envie, au pied de l'arbre à palabres de leur village, les nombreuses péripéties de leurs voyages à travers l'univers où leurs aventures, autrefois sur les collines de la cola jusqu'en pleine sylve ivoirienne, et aujourd'hui dans les pays diamantifères, rivalisent avec leurs voyages en Amérique, en Europe et en Asie quand ils étaient à bords des transatlantiques.

Aventuriers par nature, ils ont également acquis depuis plusieurs décades une vocation maritime si bien que de nombreux jeunes Saracollés servent de plus en plus, notamment comme chauffeurs, à bords des paquebots, caboteurs, bateaux pétroliers, etc...

Ardents musulmans autant qu'audacieux aventuriers et astucieux traitants, ils ont pu créer un peu partout et jusqu'au cœur des régions forestières des communautés islamiques, où du reste le mot Soninké est devenu souvent synonyme de marabout.

C'est ainsi que, par exemple, une colonie maraboutique saracollé fonda, il y a plus d'un demi-siècle, à Touba, dans l'ouest du Fouta-Djallon, une brillante médersa aujourd'hui encore fort réputée dans le milieu musulman de l'Ouest africain. La dispersion du peuple saracollé est telle que certains de ses éléments sont difficilement identifiables du fait de leur absorption parmi les autochtones de leurs pays de résidences.

Il faut cependant remarquer que, même en pareil cas, ces colonies assimilées n'en conservent pas moins certains traits caractéristiques et certaines coutumes de leur ethnies d'origine et ne se réclament pas moins de celle-ci dans certaines circonstances.

A cet égard on pourrait citer l'exemple des Soninkés qui, au moment de la dislocation de Wagadou, gagnèrent les pays du Sud.

L'une des régions où ils s'installèrent porte le nom de Kissidougou "pays de ceux qui sont sauvés". Les noms patronymiques des familles qui s'y établirent étaient Cissé, Sylla...

Elles ont peu à peu perdu l'usage de leur langue d'origine pour prendre celle des arborigènes et il est aujourd'hui difficile de les prendre pour les Soninkés.

Il en a été de même d'une autre fraction qui s'établit entre San et Tombouctou et qui fut assimilée par les Sonraïs.

En résumé, le moins qu'on puisse dire des Saracollés c'est qu'après avoir créé l'un des empires les plus puissants et les plus florissants au début de l'ère chrétienne: le Ghana, ils furent l'un des peuples les plus actifs de l'Afrique de l'Ouest, après la décadence de cet empire.

1.2. LES PEULS

Sous le terme de "peuls" on a coutume de désigner des individus tant sur le plan somatique que sur le plan ethnique. Il est vrai que le peul correspond au type pur, c'est-à-dire ayant un teint clair voire basané comme l'étaient, selon la tradition, les ancêtres foulbé (poullo au singulier) et il ne se rencontre que très rarement.
Il en existe quelques îlots dans certaines régions, tels que les Rangabé par exemple, dans la zone sahélienne ; mais la grande majorité de ceux qui se disent peuls est plus ou moins métissé ; certains d'entre eux sont d'ailleurs, parfois, plus foncés que les autres Noirs.

En effet on compte, par exemple, parmi les peuls, leurs rimaïbé, c'est-à-dire les descendants de leurs anciens esclaves et leurs serviteurs, qui, quoique appartenant à diverses races noires, se sont mêlés et unifiés à leurs anciens maîtres.

Ils ont adopté toutes les coutumes des peuls bien qu'ils restent socialement dans un état d'infériorité vis-à-vis de ceux-ci. Aussi aucune appellation ne prête-t-elle autant confusion que celle du mot peul.

Quoiqu'il en soit, les peuls ou, du moins, tous ceux que l'on désigne sous ce vocable, sont si éparpillés que l'on en rencontre des rives du fleuve Sénégal à celles du lac Tchad et du Cameroun aux bords du Nil.

1.3. LES TOUAREGs

Les touaregs (targui au singulier) sont des nomades berbères Zenega. Ils sont répartis entre une multitude de fractions éparpillées au Sahara jusqu'à Tombouctou.
Dans l'ensemble, chez les Touaregs, le sang noir prédomine en raison, d'une part, du nombre important d'esclaves noirs avec lesquels ils sont constamment en contact et qui, même libres, se font recenser avec leurs anciens maîtres dont ils ont adopté la langue, la religion et le mode de vie, et d'autre part, des relations de commerce qu'ils ont eu de tout temps avec les peuples sédentaires en général, et avec les Sonraïs en particulier, et qui ont eu pour conséquence un nombre considérable de métis touareg qui constitue l'élément démographique essentiel des Ksour ( villages sahariens).

Ainsi le nombre des Touaregs maliens qui ont échappé au métissage est assez réduit et c'est précisément leur petit nombre qui les condamne à l'absorption par les populations noires, d'autant plus que, s'enfonçant de plus en plus à l'intérieur de la boucle du Niger, ils y subissent largement l'influence noire. Ce ne sera après tout qu'une réédition contemporaine de ce qui a du se passer jadis lorsque les Empires du Ghana et du Songhay, fondés, selon les légendes, par des émigrants blancs, passèrent finalement aux mains des princes noirs et que de métissage en métissage la pigmentation blanche finit par céder complètement le pas à la couleur noire.

1.4. LES BAMBARAs

Les Ban-mâna (de Ban : refus et mâna: Maître, c'est-à-dire ceux qui ont refusé d'être dominés), plus communément connus sous le vocable de bambara que leur a donné le colonisateur européen, tiennent surtout par leur dialecte, dérivé de la langue mandingue, une place importante au sein des autres groupes ethniques du Mali. En effet la popularité du dialecte bambara est telle que l'observation non avertie pourrait s'imaginer que c'est l'ethnie bambara qui prédomine au Mali.

Par ailleurs l'illusion que donne la prédominance absolue du groupe bambara provient également du fait qu'en général les musulmans et en particulier les Toucouleurs désignent sous le nom de bambaran-kobé (les bambara) tous les non-mahométans du Mali.

Il est vrai que les bambaras proprement dits sont très nombreux au point de les rencontrer un peu partout, même au Sénégal, au Burkina Faso, en Guinée, en Mauritanie et en Côte-d'Ivoire, et au Mali où ils constituent le groupe ethnique le plus important.

La grande masse des bambaras, dont l'aire géographique s'étend du centre-est à l'ouest du Mali, est répartie entre les régions de Ségou et de Niono (delta central nigérien), du Bélédougou (cercle de Kolokani au Nord de Bamako) limitrophe de la zone sahélienne, du Kaarta, à cheval sur les cercles de Kita, au Sud et de Nioro au Nord et les cercles de Koulikoro, Dioïla, Banamba, Bougouni, Yanfolila, Kolondiéba et Sikasso.

2. ECONOMIE

L'agriculture et l'élevage constituent les principales activités des populations. Sur le plan artisanal, on rencontre des forgerons, des tisserands, des potiers et des cordonniers, entre autres.

2.1. l'ELEVAGE

L’Elevage dans la commune de Tringa Marena est sédentaire et extensif basé sur les bovidés, ovins-caprins, asins et équins... Les bovins 1810 têtes, les ovins 1120 têtes, caprins 2100 têtes, les asins 385 têtes, les équins 27 têtes (Source : Enquête CIDS 2009 )

© Van Den Baviere Rodolphe - 2003

Pendant la période de culture, les bovins sont confiés à un berger jusqu’à la fin des récoltes. Les petits ruminants sont sous le contrôle des enfants. Les pâturages sont insuffisants tant avec des feu de brousse fréquents. Le supplément alimentaire est assuré par les tiges de mil, la paille de brousse, les fanes d’arachide et de niébé stockés sur les hangars. Quelques nantis payent un peu d’aliment bétail pour les boeufs de labour et les vaches laitières.

© Van Den Baviere Rodolphe - 2003

2.2. l'AGRICULTURE

Dans la commune de Tringa Marena 70% de la population travaille dans l'agriculture.
Les principales productions sont les céréales: mil, maïs, sorgho, riz ainsi que l'arachide. Elles sont destinées à la consommation intérieure et n'assurent pas l'autosuffisance alimentaire du Tringa : il faut en importer. Par ailleurs, la culture du coton procure le principal produit d'exportation.

© Van Den Baviere Rodolphe - 2003

production agricole de la campagne 2009-2010 de tringa marena

   Culture Campagne agricole 2009-2010
Superficie  (en ha) Production Rendement (kg/ha)
(en Tonne)
Sorgho 420 336 800
Mil  50 37,5 750
Maïs 264 237,6 900
Riz 20 50 2000
Arachide 110 88 800
Niébé Associé 226 101,65 450
Gombo 7 35 5000

Au Tringa, la pratique de l'agriculture reste extensive faute d'équipements. Elle se déroule de juillet à février, y compris les cultures de décrue, en fin de période. Quelques jardins potagers permettent aux habitants de disposer de légumes.

© AMSCID - 2011

3. Dynamiques locales

Il existe un partenariat solide entre la commune de Tringa Marena et les villes de Choisy-le-Roi, de Montreuil et de Bethune dans le cadre de la coopération décentralisée avec la France, qui contribue énormément au développement de la commune.

Les services techniques de l’Etat (CAP, Centre de santé, les services locaux de l’agriculture, des Eaux et Forêts, de production et d’industrie animale, de santé animale,...), les ONG (ADR, AMSCID et OMRIB...), les Programmes de développements (PADDY, PADESO...) et l’inter-collectivité MERAGUEMOU à travers le Service Commun aux Collectivité Territoriales (SECOM), assurent cette dynamique partenariale dans les villages. Ils sont chargés de l’appui conseil auprès du conseil communal pour soutenir les actions de développement et la régularité des documents d’état civil.

Les émigrés contribuent énormément également à la réalisation des infrastructures socio-collectives de base dans la commune.

4. Migration

Les jeunes de la Commune pratiquent l’émigration vers la France et d'autres pays. Les émigrés viennent essentiellement en aide à leurs familles respectives pour l’achat d’équipement agricole, de nourriture en cas de rupture de stock alimentaire, pour le paiement des impôts et taxes...

L'émigration dans la commune, à l'instar des autres communes de la région, est un phénomène très développé qui présente certains avantages. En effet les migrants regroupés en association participent largement au développement de leur localité par la réalisation des infrastructures.

Investissements des migrants dans la commune de tringa marena

Investissements  Année  localisation Coût   Participation
migrants 
Religion        
Mosquées (5) 1970-2009  Maréna  220 000 000 oui
Mosquées (4) 1968-2007 Lambattra 209 000 000 17100000
Trois(3) mosquées   dialaka   oui
Mosquées (4) 2001-2009 Diakoné 220 000 000 198000000
Hydraulique         
AEP 2002 Dialaka 250 000 000 oui
Marena 275 000 000
Puis à grand diamètre + AEP 1977-2009 Lambattra 21 000 000 18900000
(5)Puits à grand diamètre+ AEP 1982-2009 Diakoné 30 000 000 OUI
Santé         
CSCOM 2008 Lambattra   Oui 
CSCOM 2006 Maréna   OUI
Education         
Medersa (9 salles) 2008 Lambattra 100 000 000 90000000
Medersa (6 salles) 2004 Maréna 30 000 000 oui
Sécurité alimentaire         
Banque de céréale 2008 Lambattra 5 500 000  
Banque de céréale(1) 2008 Marena 6 000 000  
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